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Hitchcock et l'aventure de Vertigo

Jean-Pierre ESQUENAZI, Ed. CNRS, 2001

Réalisateur riche et puissant, rompu aux conventions et contraintes de la Mecque du cinéma, Alfred Hitchcock n'en est pas moins, au début du tournage de Vertigo (Sueurs froides), un homme ébranlé par le star-system, tourmenté par l'amour et la haine qu'il suscite. Comment l'ambiguïté d'une telle situation et le caractère énigmatique du personnage pouvaient-ils aboutir à ce film fascinant ? Grâce à quelle alchimie est-il donné au spectateur de découvrir une histoire dans l'histoire, un parcours singulier qui en révèle un autre, une analyse enfin de l'univers, hollywoodien où le meilleur du system mais aussi le plus critiquable se côtoient ? Et de quel art Hitchcock a-t-il use pour en dénoncer l'extrême cruauté tout en en respectant scrupuleusement les règles ?
 

Film personnel et paradoxal s'il en est, Vertigo a inspiré bien des commentaires passionnés et contradictoires... car l'ouvre touche à notre amour du cinéma. Au-delà de l'intrigue, le réalisateur y dévoile une troublante mise en abîme du monde hollywoodien. Aussi Kim Novak et James Stewart jouent-ils dans un double registre : interprétation de personnages et incarnation de modèles de stars se croisent, se superposent, se rejoignent...

C'est précisément le propos de Jean-Pierre Esquenazi que d'éclairer sous l'angle du jeu dans le jeu - l'étrange inquiétante profondeur de Vertigo. En lui dédiant une étude originale, aux frontières de la sociologie et de l'analyse de film, l'auteur rend ici un bel hommage à cette ouvre majeure.