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Écrire en mineur au XVIIIe siècle

Régine JOMAND-BAUDRY et Christelle BAHIER-PORTE (dir.), Ed. Desjonquères, 2009

Textes des communications présentées lors du colloque international "Écrire en mineur au XVIIIe siècle, un art de la tension ?" tenu à l'École normale supérieure lettres et sciences humaines, 11-13 octobre 2007.

Au dix-huitième siècle, nombreux sont les écrivains qui placent leurs ouvrages sous l'étendard du « petit », de la « bagatelle », de « l'insignifiance » ou encore de la « fadaise ». Le choix d'écrire en mineur peut aussi bien signifier une complaisance désinvolte et désintéressée à une littérature de l'éphémère qu'une volonté iconoclaste de bouleverser les systèmes de légitimation établis.

Cependant, à une époque où le statut de l'écrivain est en pleine mutation et où les hiérarchies littéraires se voient contestées par les héritiers des Modernes, c'est bien tout un système de valeur qui se recrée assurant la promotion, en apparence paradoxale, des «petits» genres contre les genres canoniques et accordant un rôle prépondérant au « public ». L'écriture en mineur telle qu'elle est pratiquée au XVIIIe siècle, loin de n'être qu'une écriture seconde ou secondaire, doit définir son propre rapport au langage et à la littérature.