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Actes de la journée d'étude sur les correspondances littéraires

Actes de la Journée d'étude organisée par régine Jomand Baudry (MARGE) à l'Université jean Moulin-Lyon 3 le 23 janvier 2014.

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À l’occasion de la publication de 3 volumes de Correspondances littéraires (Correspondance littéraire de Karsruhe, de 1757-1766, 2 vol. et Correspondance littéraire de Nîmes, 27 juin 1753-22 août 1754, 1 vol.), l’organisation d’une manifestation scientifique sur ce genre du journalisme manuscrit s’imposait. En effet, le travail d’annotation et les lectures croisées de ces corpus ont fait surgir un certain nombre de questions, dont la toute première porte sur la définition de ce « cas particulier de la communication manuscrite », pour reprendre les termes de François Moureau. Quelle place la correspondance littéraire occupe-t-elle au sein du journalisme manuscrit ? Comment la situer par rapport à ce que l’on nomme les « nouvelles à la main » ? Doit-on la distinguer des correspondances littéraires privées ? La Correspondance littéraire s’apparente-t-elle à un genre doté de règles d’écriture ? La nécessité de donner des contours plus précis à cet ensemble animait déjà l’introduction au volume I des Correspondances littéraires inédites et particulièrement la contribution de Jochen Schlobach qui remarque l’authenticité d’une expression utilisée dès le XVIIIe siècle sous la plume des « correspondants » et de leurs destinataires, sans pour autant que le sens des deux termes qui la composent recouvre exactement le contenu et la forme de ce type de périodique manuscrit. Si la matière traitée relève toujours de l’actualité, elle n’est jamais exclusivement littéraire, et même si ce cas est fréquent, la présentation de la correspondance ne s’apparente pas systématiquement à celle de la lettre.
Plus qu’au référent du contenu, il convient sans doute, pour mieux cerner le phénomène des correspondances littéraires, de s’attacher aux modalités d’une écriture dont l’enjeu essentiel est de dire l’actualité, qu’elle soit littéraire et culturelle, intellectuelle, politique et religieuse, ou qu’elle relève plus prosaïquement de l’insignifiance du fait divers ou du potin mondain .
Comment l’actualité est-elle consignée ? Dans quelles formes « rhétoriques » échappées à toute codification antérieure et s’élaborant dans la pratique d’écriture elle-même, se moule-t-elle pour donner au lecteur le sentiment que son correspondant lui réserve la primeur des nouvelles ? En repérant aussi bien leurs traits communs que leurs variations, on s’intéressera :
= aux unités de discours identifiables qui constituent les nouvelles :
-le compte rendu d’ouvrage, de représentation théâtrale et/ou musicale ou d’exposition. On mettra l’accent sur sa dimension critique par laquelle le rédacteur exprime sa conception de la Correspondance et qui témoigne de son engagement dans une stratégie de communication.
-la pratique du récit à travers l’anecdote, le fait divers
-les pièces fugitives (poésies, lettres…)
= à l’ordre et à la structuration des nouvelles entre elles (liaison/déliaison) qui déterminent un format de la livraison,
= au style :
-Style spirituel, style dogmatique, style satirique…
-Marques d’oralité, de connivence du rédacteur et de son destinataire (indices de co-présence…)
-Indices de l’implicite et culture du secret…
La place accordée aux questions matérielles de transmission des livraisons, à leur rythme, la mention des retards et leurs justifications est à prendre en compte. Les comparaisons entre différentes correspondances littéraires et/ou différentes livraisons d’un même auteur ou d’auteurs différents sont les bienvenues.
Les correspondances littéraires ne sont pas seulement des documents sur la vie culturelle et politique parisienne, sur les modalités de circulation de l’information en Europe et sur ses réseaux, elles appartiennent à la littérature au sens de « pratique d’une écriture soignée », et c’est à ce titre qu’elles intéressent les chercheurs spécialistes de la littérature d’Ancien Régime.

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